Le Shekhawati est une région peu connue située au nord-est du Rajasthan, en Inde ; ses villes et ses villages concentrent un patrimoine unique au monde de peintures murales à ciel ouvert réalisées durant l'âge d'or du commerce caravanier, du XVIIIe siècle au début du XXe siècle. Elles sont aujourd’hui en péril : plus d’une centaine de bâtiments abandonnés tombent en ruine, s'effondrent ou sont rasés au profit de constructions modernes.
L’association franco-indienne The Shekhawati Project, née au
Shekhawati en 2016 à l'initiative de Cécile Charpentier,
conservatrice/restauratrice de peintures, réunit des experts internationaux en conservation/restauration des Monuments Historiques et des passionnés
d’art indien, qui souhaitent contribuer au sauvetage du patrimoine architectural
et pictural rare du Shekhawati au travers de cinq axes majeurs :
→ La restauration des fresques et des peintures murales historiques,
→
La transmission des savoir-faire traditionnels et des techniques
modernes de restauration par l’organisation de chantiers-école et la
formation d'étudiants en architecture ou conservation du patrimoine
issus d’universités internationales,
→ L’offre d’opportunités de carrière, plus particulièrement destinée aux jeunes femmes,
→
La recherche scientifique avec le soutient et l’accompagnement
d'étudiants en Master ou en doctorat tant en histoire et archéologie
qu'en urbanisme et architecture,
→ La sensibilisation à la
préservation et la valorisation de la culture du Shekhawati par le biais
d’événements : conférences, échanges universitaires, expositions,
concerts, publications scientifiques, documentaires...
Depuis 2016, l’association The Shekhawati Project s’est donnée pour mission de participer à la sauvegarde de ce patrimoine en organisant des chantiers-école dans la région.
Bien plus que la perte d'un patrimoine architectural, c'est une mémoire collective qui disparaît, celle dont témoignent les magnifiques et extravagantes peintures murales qui recouvrent l'intégralité de ces monuments. C'est cette mémoire collective que l’association The Shekhawati Project souhaite préserver pour les générations futures.
Avec cet objectif, nous nous mobilisons, aux côtés d’universitaires, urbanistes et architectes indiens, pour la préservation du Shekhawati et son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.
The Shekhawati Project organise chaque année des chantiers-école en vue de redonner vie à cet écosystème culturel en restaurant durablement fresques et peintures murales des monuments et bâtiments traditionnels de la région. Dans cette perspective, l’association souhaite mettre en avant l’expertise des jeunes femmes indiennes en les accueillant en sur nos chantiers. Les étudiantes en architecture de Mody Women’s University, (Sciences & Technology) participent déjà à nos programmes.
Notre prochain chantier-école servira à développer des protocoles appropriés à la restauration des fresques, mêlant procédés innovants et vernaculaires. Il se déroulera dans une grande demeure, La Haveli Le Prince à Fatehpur, qui accueillera nos étudiants et professeurs.
Encadrés par des spécialistes de la restauration et de la conservation du patrimoine, nos chantiers-école forment des étudiants en Master de conservation et d'architecture du patrimoine, d'universités indiennes ou européennes. Ils permettent une restauration scientifique réalisée selon les règles de la déontologie de la conservation, alliant stabilité et durabilité, et également la transmission d’un savoir-faire ancestral. Nous accueillons aussi des étudiants chercheurs en cours de PhD.
/ Le premier palier de la collecte : 5 000 €
/ Le deuxième palier de la collecte : 10 000 €
/ Le troisième palier de la collecte : 20 000 €
/ Le quatrième pallier de la collecte : 30 000 €
/ Le cinquième pallier de la collecte : 40 000 €
/ Le sixième pallier de la collecte : 50 000 € et +
Vous pouvez soutenir ce projet :
Dartagnans
Campagne SAUVONS LES FRESQUES EN PÉRIL DU RAJASTHAN
15 rue de Milan 75009 Paris
Chers instigateurs de la revivification des bâtiments peints du Shekhawati, merci pour votre contribution au chantier-école II - 2019 à Fatehpur !
website / linkedIn / facebook / instagram
Le Shekhawati eut un role clé dans l’histoire et le développement économique du sous-continent indien. Point de convergence des caravanes dès le XVIe siècle, le commerce connut une expansion considérable, du fait de sa position géographique et du talent avisé des négociants marwaris qui amassèrent des fortunes considérables et ouvrirent des comptoirs dans les grandes métropoles portuaires.
À cette époque prospère, les marwaris se mirent à édifier, dans leur contrée natale, des demeures dignes de leur fortune et de leur culture. Ils firent venir de tous les pays, les meilleurs architectes, maçons et peintres, chargés de bâtir et décorer havelis, temples et chhatris. Plus de 2 000 bâtiments peints virent le jour entre 1840 et 1930. Après l’Indépendance, en 1947, un grand nombre de familles de négociants dûrent quitter la région au profit de Bombay, Calcutta ou Delhi. De nombreuses demeures furent délaissées ou détruites, pour faire place à des constructions modernes, jugées alors plus adéquates.
Palais, temples et cénotaphes, puits à degrés, havelis subsistants sont des espaces de vie aux proportions ergonomiques agréables et admirablement conçus pour affronter les extrêmes du climat local, températures, vents de sable et surtout les pluies de mousson. Plus d’un tiers ont déjà disparu, un bon tiers encore est menacé de ruine et de destruction imminente.
Ornant avec luxuriance les bâtiments traditionnels, les peintures narrent vie quotidienne, histoire et spiritualité.
Les murs et les colonnes sont recouverts d’un stuc particulier, l'arayish, qui leur donne le toucher lisse et soyeux des plus beaux marbres.
L’art pictural du Shekhawati s’étale avec luxuriance sur les murs des bâtiments traditionnels avec une grande variété de thèmes. Divinités de l’hindouisme, traditions populaires, grands moments de l’histoire de la région, scènes de vie quotidienne, portraits des propriétaires et des européens ayant traversé la région, sont autant de trésors artistiques et historiographiques.
Ces fresques, par leur qualité et par leur iconographie historique, constituent un élément unique du patrimoine universel. Elles sont un élément essentiel à la préservation de la mémoire locale, et à l'échelle de l'humanité.
→ Constat d’état des peintures et étude préalable.
→ Premier nettoyage : éliminer la poussière maculant les murs de teintes jaunes et rouges. Cette poussière vient du désert et des rues incessamment forées et se dépose au fil du temps sur les fresques et les parois.
→ Consolidation : rétablir la cohésion de la fresque avec le mortier, combler les fissures causées par des vibrations structurales du bâtiment ou par l'insertion de crochets métalliques. Refixer le mortier qui s'est détaché des encorbellements en pierre à cause de la pluie, de l’humidité et des efflorescences salines.
→ Second nettoyage : éliminer des repeints antérieurs réalisés à l'aide de pigments impropres à la résistance aux conditions climatiques extrêmes. Avec les intempéries, les peintures ont déteint sur la surface et leurs couleurs ne sont pas toujours fidèles à l'original.
→ Élimination de mortiers de plâtre ou du ciment : les zones disparues à cause de l'humidité ont été couvertes de plâtre et de ciment bloquant l'eau dans les murs et causant leur dégradation. De plus, ces zones de reprises récentes affectent l’intégrité des peintures.
→ Reconstruction d'un nouvel « arayish » : faire renaître avec l'aide d'artisans locaux, la recette originale de cet enduit à reflets de marbre en suivant sa complexe procédure d'application sur les murs.
→ Réintégration chromatique : rendre la lecture des scènes plus aisée par la retouche des zones délavées et des contours.
→ Pose d’une protection finale : pour rendre les fresques restaurées plus résistantes encore aux dommages du temps.